Dans le bas de la ville de Colombelles, dans le Colombelles historique, vous pouvez longer les bords de l’Orne
Non loin de là, une fois l’orne traversée vous pouvez vous promener le long du canal de l’Orne à la mer et ainsi gagner l’estuaire à Ouistreham. L'Orne prend sa source à l'altitude de 200 m, sur les collines du Perche, à Aunou (près de Sées), dans le département de l'Orne et mesure quelques 152 km. Ce fleuve serpente d'abord dans la Suisse Normande, puis traverse ensuite la Plaine de Caen avant de passer par Colombelles et de se jeter dans la Manche, près de Ouistreham. A cause de la faible dénivellation, l'influence des marées se fait sentir à 15 kms dans les terres, à Caen.
Si vous poussez la ballade jusqu’à Ouistreham, n’hésitez pas : allez découvrir la Pointe du Siège.
Située entre l'Orne et le canal de Caen à la mer, elle offre un biotope particulier, rappelant un peu celui de la Camargue. Profitant de la richesse de la faune présente dans les vases de l’estuaire, de nombreuses espèces d'oiseaux (sédentaires et migrateurs) peuvent être observées. La promenade, non balisée mais ne présentant aucune difficulté, permet de longer le rivage sur lequel quelques épaves de bateaux étalent leurs ossatures en bois. Au loin, oiseaux et ramasseurs de pelouse (vers utilisés pour la pêche) arpentent le sable luisant. Dominant le bord de mer, une tour d'observation offre un vaste panorama sur l'estuaire de l'Orne et la baie de Seine. Le contact avec la mer génère une grande diversité biologique sur des milieux très variés : vasières, herbus, dunes (embryonnaires, vives, grises, arbustives et boisées), marais saumâtres à salés, prairies humides, roselières, polders anciens. Au total, 285 espèces ont été recensées dans l'estuaire dont certaines sont rares au niveau régional comme l'Ail maraîcher, le Muscari à toupet, la Véronique germandrée ou la Dame de onze heures. D'autres plantes sont également protégées du point de vue régional comme le Polygopon de Montpellier, le Vulpin bulbeux, mais aussi du point de vue national comme l'Elyme des sables. Roseaux, Aster maritime, Statice (ou lavande de mer), Glycérie, Obione, Salicorne, Spartine (dans la vasière) et fourrés d'argousiers sont d'autres variétés de plantes constituant la flore estuarienne. Près de 400 espèces de champignons ont également été dénombrées à ce jour sur l'estuaire de l'Orne dont certaines sont particulièrement rares comme le Lenzites warmieri (champignon lignivore).
La baie de l'Orne est l'un des secteurs ornithologiques les plus riches de Normandie avec 120 espèces d'oiseaux recensées entre le 11 décembre 1999 et le 20 janvier 2000 dont quelques-unes sont remarquables : Hibou moyen-duc, Martin-pêcheur, Bruant des neiges, Alouette hausse-col, Mésange à moustaches, Gravelot à collier interrompu... Les oiseaux de l'estuaire, qu'ils soient sédentaires, hivernants ou estivants, aquatiques ou marins, trouvent une relative tranquillité pour se reposer et se nourrir dans les zones de gagnage ou de remise (réserve du Gros Banc). Quelle que soit la saison, tous ces oiseaux font la joie des amoureux de la nature et des ornithologues (professionnels ou amateurs). Parmi les divers occupants de cette zone, on peut rencontrer le Chevalier gambette, le Bécasseau variable, le Grèbe huppé, l'Huîtrier pie, le Pluvier argenté, le Courlis cendré ou la Bernache cravant. Il ne faut oublier non plus les canards comme des couples de sarcelles d'été ou d'hiver ou le tadorne de Belon qui est l'un des rares canards à nicher dans l'estuaire en utilisant les terriers de lapin. A marée haute, goélands, grèbes, Grands cormorans, Eiders à duvet, Macreuses noires font escale à proximité de l'estuaire, tout comme les labbes, ces gros oiseaux pillards mais qui préfèrent rester au large. En 1996, 165 espèces ont été notées, notamment le Goéland argenté, l'Avocette, le Courlis cendré, le Grèbe castagneux, le Héron cendré, l'Aigrette garzette, mais aussi des passereaux comme les fauvettes, le Bruant des roseaux, le Rossignol philomèle ou le Pouillot à longs sourcils.
Après avoir découvert l’estuaire, il ne vous restera plus qu’à emprunter le chemin de halage qui longe le canal de Caen à la mer. Au XIème siècle, Guillaume le Conquérant fait construire un port en plein centre ville de Caen. L’Orne permet alors de relier la ville à la mer. Une fois devenu roi d’Angleterre, Guillaume se sert de l’Orne pour faire transiter divers produits et matériaux vers l’Angleterre comme la pierre calcaire de Caen qui fut notamment utilisée pour construire la Tour de Londres. Ce pendant dès la fin du Moyen-Âge le cours d’eau connaît des problèmes d’envasement et la navigation est rendue difficile et périlleuse. Après la suppression de quelques méandres favorisant le dépôt des alluvions, il est finalement décidé d’abandonner le lit de la rivière pour édifier en 1857 un canal artificiel en parallèle. Un dispositif d’écluse est prévu pour maintenir un niveau d’eau constant dans le canal.
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