Hommage à Gisèle Guillemot, citoyenne d’honneur de Colombelles

Décès de Gisèle Guillemot, Résistante et Citoyenne d’honneur de la ville de Colombelles, le 1er février 2013. Colin SUEUR, maire de Colombelles, était au collège Henri Sellier pour rendre hommage à l’ancienne collégienne et figure emblématique de la Résistance (suivre ce lien).

Ecoute Maman, il faut que tu comprennes

Ecoute ne pleure pas…

Demain sans doute ils vont nous tuer

C’est dur de mourir à vingt ans

Mais sous la neige germe le blé

Et les pommiers déjà bourgeonnent

Ne pleure pas,

Demain il fera si beau.

 

Extrait du poème de Gisèle Guillemot, « A ma mère », in Des mots contre l’oubli, Editions Cahiers du Temps, 2004.

 

Avec douleur et tristesse, la ville de Colombelles a appris le décès de sa Citoyenne d’honneur, Gisèle Guillemot, figure emblématique de la Résistance en Normandie.

Née en 1922, Gisèle Guillemot vécut son enfance dans la cité ouvrière du Plateau de Colombelles, Mondeville et Giberville. Confrontée aux injustices du système paternaliste de la Société Métallurgique de Normandie, adolescente passionnée de littérature, de poésie et d’écriture, Gisèle Guillemot participe aux mouvements sociaux du Front Populaire et soutient les Républicains espagnols réfugiés à Caen à la fin des années 1930.

Dès le début de l’Occupation, résister lui apparait comme une évidence nécessité. Avec une bande de copains de la cité ouvrière du Plateau, elle couvre de slogans antinazis les murs de sa ville, trafique les motos des soldats allemands, distribue des tracts à la sortie de la SMN. Agent de liaison, combattante de l’Ombre, Gisèle ou « Annick » – son pseudonyme dans la Résistance – devient responsable pour le Calvados du Front Patriotique de la Jeunesse.

Elle participe au double déraillement de trains de la Wehrmacht sur la ligne Paris-Cherbourg à Airan, les 16 avril et 1er mai 1942, coups les plus sévères durant toute la toute la Seconde Guerre mondiale portés par la Résistance en France aux soldats d’occupation. Les représailles sont terribles.

Arrêtée par la Gestapo le 9 avril 1943, emprisonnée à Caen puis transférée à Fresnes, elle est jugée par le Tribunal Spécial de Lübeck et condamnée à mort le 13 juillet 1943 avec Edmonde Robert, institutrice à Airan et quatorze compagnons qui seront fusillés au Mont Valérien. Classée Nacht und Nebel , « Nuit et Brouillard », avec Edmonde elle est déportée en Allemagne vers les prisons de Lübeck et Cottbus, au cours d’un terrible périple ferroviaire de 89 jours à travers l’Allemagne et la Pologne en passant par Dantzig.

A l’automne 1944, elle est transférée au camp de Ravensbrück puis, en mars 1945, à Mauthausen où elle est enfin libérée le 20 avril 1945 par la Croix Rouge Internationale.

Après guerre, de retour en Normandie, confrontée à la disparition de ses camarades de Résistance assassinés par les Nazis, en proie à l’incompréhension du plus grand nombre pour entendre et comprendre à l’époque la Déportation, elle part vivre à Paris. Elle poursuit son engagement politique avec le Parti communiste français qu’elle quittera par la suite, lutte contre la guerre en Algérie et milite activement au sein de la Fédération Nationale des Déportés Internés et Résistants Patriotes, rédigeant de nombreux articles dans son journal Le Patriote Résistant.

Dès les années 1980, persuadée de l’importance du travail de mémoire et de l’impérieuse nécessité de transmettre les valeurs de la Résistance, Gisèle Guillemot témoigne surtout auprès des jeunes et des scolaires. Elle écrit aussi, notamment Entre parenthèses – De Colombelles à Mauthausen, récit de ses souvenirs, qui obtient en 2002 le prix de sociologie et d’histoire de l’Académie Française. Une partie de son œuvre poétique Des mots contre l’oubli parait en 2004 à l’occasion du festival « Les Germinales de Colombelles ».

En 2002, Gisèle Guillemot est faite Citoyenne d’Honneur de la ville de Colombelles et le Centre de documentation et d’information du collège Henri Sellier où elle fut élève avant guerre est baptisé de son nom en 2003.

Tout au long de sa vie, femme engagée et de conviction, Gisèle Guillemot était une des dernières grandes figures féminines de la Résistance et de la Déportation. Commandeur de la Légion d’Honneur, Gisèle Guillemot incarnait dans sa vie, ses propos et ses écrits l’esprit de Résistance, qu’elle conjuguait toujours au présent.

 

 

Nos partenaires Région Basse Normandie Conseil Général du Calvados Caen la mer Caen Metropole L'Europe s'engage en Basse Normandie Le foyer normand Léo Lagrange Colombelles L'agence nationale pour la cohésion sociale et l'égalité des chances CAF du Calvados